Les cafards japonais

C’est ici que commence le récit de mon merveilleux voyage dans le Kansai.

Tu pensais que j’allais te conter ma belle journée à Osaka-jô. Ma sortie bucolique à Kyôto. Les promenades au parc et les randonnées sur les monts.

L’été est là. Limonade pour tous. Paresse et dodo. Glaces MOW à volonté.

On se roule dans l’herbe on se roule par terre, on cherche la fraicheur du bout des doigts. Tu crois vraiment que je vais t’ambiancer avec mon été riviera ?

Comme le titre de l’article l’indique, on va causer cafards.

Ah, les cafards ! Qui pense à eux ? Certainement pas les agences de voyage. Quel est l’intérêt touristique d’un pays rempli de cafards en été ? Rempli, rempli, je te vois ouvrir de grands yeux. J’exagère. Et d’abord, qu’est-ce qu’un cafard ?

Attends de voir les cafards japonais.

Je croise le premier spécimen un soir, dans une rue d’Ikebukuro. Il est 21h40. Je suis au FamilyMart, en train de faire des photocopies. A travers la porte automatique, une chose bouge rapidement. Elle a de très longues antennes. Tout est long, chez elle.

Un cafard !!

 

Je m’étais renseignée, un jour de forte chaleur où, aérant ma chambre pour respirer autre chose que ma transpiration et mon dioxyde de carbone, je trouvai, sur mon mur, une petite bête. Je m’effraie. L’écrase. Qu’ai-je donc fait ? Et si c’était un cafard !! Il ne faut surtout pas les écraser, au risque de les voir se multiplier ! Je me précipite au supermarché, smartphone en main. Cafard… cafard… comment cela se dit-il en japonais ? Je l’ignore, moi, je t’avoue ne jamais avoir appris pareil vocabulaire !

 

GO KI BU RI ・ ゴキブリ

 

Le mot coule comme la régurgitation, avec des relents de crotte. C’est poisseux et moche. Je m’empare d’un spray, ne regardant pas le prix, n’écoutant que mon angoisse de citadine, cours asperger le produit dans toute ma chambre. Je m’asphyxie presque, et ressors en courant. Je dois avoir l’air d’une folle. Je m’en fous ! Les jours passent. Point de bêtes. Je réalise que ma victime sur pattes n’était pas un cafard.

Attends, il arrive.

 

Dimanche 25 juin 2017 vers 1h du matin.

Mon frère et moi montons dormir du sommeil du juste, après une rude journée de labeur. Frère m’interpelle : qu’est-ce donc que cette chose noire, sur le mur ?

Je palis. La bouche s’ouvre en grand. Je déglutis.

U N C A F A R D

Uncafard ?

UN CAFARD !!

 

reconstitution mikkiste

 

Nous nous barricadons au salon, devant la lumière bleue des écrans. Tant pis pour la mélatonine. Ce soir, c’est veillée. Que pour moi, alors.

 

Si le frère Forever s’endort du sommeil du juste, je passe la nuit contorsionnée sur mon bout de coussin, le fessier douloureux, mais toujours prêt à bondir sur l’ennemi, délivrer quelque gaz toxique, pourquoi pas. Ouuuais, je vais lui péter à la gueule. On verra quiiiii de nous deux va suivreuh l’autre.

Pour me tenir compagnie, j’active mon inexistante connexion Internet, et lis, sur des blogs, des récits très dangereux d’entretiens avec un cafard.

Et s’il est encore là haut, confortablement installé sur mon lit, pattes croisées, lunettes de soleil et cigarillo ? Manquerait plus qu’il amène ses potes pour danser sur du disco !

Je pète les plombs.

Vais-je sortir au convini, m’équiper à la Ghostbuster pour gazer le monstre ?

Attendons demain. Enfin, tout à l’heure.

Je sais même pas où est mon porte monnaie. Peut-être dans ma chambre !

 

Tout à l’heure, vers 9h

Une vendeuse m’indique le rayon de gokiburi. On cause cafard et on s’effraie mutuellement. Parmi les armes : un spray ultra toxico puissant. Des maisons pièges anti goki, des disques super killer de la mort qui tue. Mon 5e neurone, l’écologiste, me tance : n’y a-t-il donc rien de plus dévastateur pour l’environnement, encore ? Que m’a donc fait ce pauvre gokiburi ? Il ne fait qu’errer ça et là, il traversa la voie, passe la porte. Ouais, ben les cafards clandestins, c’est pas chez moi x_x. Ah, la voilà la vile Mikki ! Et tu oses l’écrire sur l’Internet !

 

La légende urbaine voudrait que certains intrépides Japonais surnomment la terrible bête « Goki-chan », comme pour mieux se l’approprier. Me reviennent les douces paroles du neurone écologiste : pauvre cafardo, pauvre Goki-chan, maltraité par les méchants humains. Ils le traitent de moche, le chassent. Triste vie que celle de Goki-chan, le cafarino mal-aimé.

Que dalle.

 

Crois-moi. Le cafard japonais n’est pas le petit cafarillo que tu as vu un soir, dans une ruelle. Les gokiburi bossent dans la catégorie poids lourds super ultra. Terreurs parmi les terreurs, ils traumatisent des générations d’humains et tyrannisent les honnêtes gens. Ce sont des monstres sans foi ni loi, devant lesquels même le plus hideux des rats tremble.

Quoique. A bas les rats, aussi. A bas les souris.

 

Si tu n’as jamais vu de cafards japonais et que tu es du genre aventurier-ère, tente une recherche sur ton moteur favori. Ces choses sont des films d’horreur sur pattes.

Tu trouves que j’exagère ? Viens, viens donc voir le monstre des ténèbres de tes yeux. Avec sa vitesse maléfique et ses ailes du cimetière. Car oui, le cafard japonais vole ! Il ruse et fuse, se cache derrière les frigos, se planque sous le lit, dans le placard, et surgit soudain, heureux de provoquer la panique de l’humain !

 

C’est dans ces moments-là que je me demande : mais pourquoi, meuf ? Tu aimes donc le Japon au point de supporter son été cafard-nal ?

Mes armes anti-cafard. Recommandées par une vieille dame è_é l’expérience des anciens parle toujours !

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2 réflexions sur “Les cafards japonais

  1. Les cafards ont beau être une terreur ton aventure m’a fait mourir de rire … enfin rire jaune il m’est arrivé une catastrophe similaire il y a un mois : un insecte long, plein de poils et QUI PIQUE dans ma douche (un scutigère véloce, rien que le nom ça fiche la trouille) ! Prise d’une bouffée de bienveillance absurde j’ai décidé d’épargner la bestiole, de la baptiser Zouki et de la remettre dehors … elle a refusé mes négociations ! Il m’a fallu deux heures (armée d’un balais et d’un gant de toilette) pour finalement foutre ledit Zouki dehors !

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