Multicolore au Japon ~ LE JOUR DU DEPART

Ce n’est même plus de la lenteur.

Mais bon. Voilà. C’est fait. Valises trop chargées.

Comme Arashi, Mikki choisit JAL *o*

 

 

Précédemment dans Multicolore au Japon

 

J’écris en direct d’Osaka, dans ma spacieuse maison cool traditionnelle, sans Internet. Tout ça dans la même phrase, c’est indécent. Tu t’en vas explorer le monde, vivre l’aventure, à l’ancienne, la boue dans les godasses et le sac à dos qui transpire dans ton derrière, et tu couines pour Wifi !

Ah, c’est ça, les aventuriers du smartphone, les baroudeurs en 4G, les explorateurs 3.0.

Où sont donc les cartes et les boussoles ?

Oui, bon. Explorons.

Je le fais depuis janvier 2017. Ma carte prepaid Bic Camera expirait, m’obligeant à roder avec mes lunettes dans les rues de Tokyo. Je cherchais alors un baito et me disais : quand j’aurai l’emploi, je me paierai une nouvelle carte.

Des clous, oui ! Juin sonne, et c’est maintenant que je suis de nouveau connectée avec le monde virtuel de l’Internet. Heureusement, car dans la maison d’Osaka, c’est la misère du réseau. Mais y’a de la place ! Deux lits restent vacants. Tu viens squatter ? Silence après 23h. Les mamies voisines dorment. Moi aussi !

En mai, la lecture. En français.

Un peu de retour à mes sources linguistiques. J’emprunte des livres à la bibliothèque française. Il y a bien des sections « manuels de japonais » « œuvres littéraires japonaises ». Mes yeux paresseux ne détectent que leurs compatriotes et s’emparent des ouvrages : les otaku, les ijime, les exclus. Dans la chaleur naissante du mois de mai, les gens malheureux n’ont même pas un coin d’ombre pour pleurer en paix. On ne pleure pas, dans ce monde-là. On supporte jusqu’à la dernière expiration.

Je dus ressentir quelque culpabilité, car je visitai également les bibliothèques locales.

 

J’ai ma carte ! Ma carte de bibli !

Qui dit encore ça : « je vais à la bibli » ?

En 1e année de fac de droit, je lançai, un jour, « on va à la bibli !? ». Ma camarade de l’époque me fixa avec de grands yeux moqueurs et désespérés. La quoi !? La BU, tu veux dire ? La Bibliothèque Universitaire ! Aaaah. J’ignorais que l’on utilisait ce vocable. Elle rit. Mais même au lycée, on ne dit plus « bibli » ! Tu viens d’où !

Je viens d’où, je viens d’où, j’en sais rien, moi, je voulais juste m’intégrer un peu, juste faire comme les autres, juste être dans le coup, avec mes vieux mots, et même mon odeur est dépassée, aaaah, que vais-je faire de moi !

A la bibliothèque, donc.

C’est calme. Comme une bibliothèque, me diras-tu. C’est encore plus calme ici, on dirait. Beaucoup de vieux Japonais. Ils lisent le journal au rez-de-chaussée. A l’étage, c’est l’espace travail. 4 places sont réservées pour les gens branchés au PC. A 9h, heure d’ouverture, on réserve sa place, sa prise, son coin branché. La bibliothèque est grande, mais il n’y a que ces 4 petits sièges high-tech.

On y reste longtemps, à la bibliothèque. Très longtemps. Une journée entière, complète, à profiter de l’eau du robinet, des chiottes, de la clim et du Wifi. A 12 ou 13h, quand le ventre grogne, on descend manger. Je vois les Japonais partir en silence, laissant ordinateurs et autres effets personnels sur la table.

Waouh.

Ici, quand tu laisses tes affaires, ça veut dire « je reviens ». C’est pas « prenez-moi s’il vous plaît ». A Lille, jamais il ne me viendrait à l’idée de partir en laissant mon ordi et mon sac. Ici, même pour commander au McDo, je les observe, ils se choisissent une table, abandonnent leur sac, descendent commander. Pour aller aux toilettes, le smartphone est en exposition sur la table.

Waouh.

C’est comme ça que cela devrait être.

Ah, je te vois venir, avec tes yeux plein de reproches : Qu’est-ce qu’elle a, celle-là, à cracher sur les Lillois, à vociférer contre la France? C’est la patrie des voleurs, c’est ça ? C’est le SENTIMENTDINSECURITE ! Mes fesses, oui. Les quelques gens qui tremblent devant le JT. Ils n’ont aucun problème et murmurent quand même. Et qui sont les voleurs ? Vas-y, continue, qu’on rigole.

Ne t’époumone pas ainsi, chère France ! Je tremble pour ton petit cœur. Chez toi comme au Japon, je ne frissonne pas d’effroi. Las, chez toi, l’on a habitué tes enfants à imaginer des intrigues et des histoires sombres,et à sursauter dans les rues. On les a habitués à craindre le regard de l’autre. A prémâcher des jurons et apprêter les poings. On a voulu faire passer Multicolore pour un vilain !

Mais on le sait, nous. Le bonheur est multicolore.

10h38, dans ma grande maison d’Osaka. Je vais partir en quête d’un Starbucks Wifi.

21h33, j’ai capturé Wifi ! Un peu. Assez pour poster mon article ~ à bientôt !

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