Kamijo Live Epic Rock Orchestra ~ Akasaka BLITZ 2017.04.26 ~ Live report

Dans ma chambrette d’Ikebukuro, ma maladie et moi, on se tient compagnie. Entre deux quintes de toux, j’écris mon Live report, avec mes petits doigts enflés de fangirl.

Je ne toussais pas, ce mercredi-là. Et pour l’amour de Kamijo, je bravai même la foule, je me précipitai dans les métros surpeuplés, vêtue à l’élégante, car enfin, ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre sa Majesté !

Mercredi 26 avril 2017

J’avais posé mon jour de repos depuis mars. Hors de question d’arriver, mes pieds enflés et ma cheville défoncée, l’uniforme du restaurant à moitié sur mon corps transpirant, quelle horreur ! Ce jour vaut bien le sacrifice d’une journée de travail. Le roi se déplace, enfin. Je suis la reine, alors. Laisse-moi donc rêver. Je délire depuis ce matin, et ça provoque le feu sur mes joues.

J’ai bien cru, pourtant, ne pas pouvoir être valide, ce soir ! La veille, j’acceptai d’aider au restaurant pour une soirée, qui me laissa les pieds labourés, je rends mes poumons dans le métro et effraie les Japonais. Je crache et tousse, sans masque, je suis dégueulasse !

Mercredi, je me réveille comme une héroïne. Envolée, douleur ! Nous allons voir Kamijo ! Je me récure en chantant, me prépare comme une petite riche. J’ose le maquillage, allons !

Oh, ma chambre de France ! Las, je n’ai pu emmener mes superbes chaussures plateforme au Japon x_x. J’ai dû me contenter de mes bottines noires de travail, cirées avec… de l’huile, faute d’avoir du véritable cirage. C’est une honte. Ce sont les astuces mikkistes. Elles luisaient comme des brioches !

 

18H30

Devant l’Akasaka BLITZ. De nombreux fans sont déjà présents. Ils font la queue dans le calme et la détente, discutent joyeusement avec leurs semblables ou leur téléphone portable. Je sors mon légendaire Iphone 4 et prends de très vilaines photos.

 

Le concert est sold out. Les places sont réservées. D’où notre décontraction. Point de course pour caser sa tête au plus près de la scène. Je suis 1P2. 1階P列 2番. 1e étage (rez-de-chaussée, quoi), rangée P, n°2. Je me prends vraiment pour une reine et imagine que l’on me conduira jusqu’à mon siège.

 

18H45

J’entre. Les Japonais devant moi ont l’habitude, ça se voit. Ils se délestent de 500 yens, comme si cela pesait dans leurs mains. C’est qu’on entre pas comme ça, avec juste son billet. On prend aussi une boisson. A 500 yens, donc. J’ai mal à la gorge. Je prends un Ginger Ale rempli de glaçons. Ça me fait perdre la tête, tous ces Kamijo dans le hall d’entrée, sur les affiches, les bijoux sont déjà là, prêts à parer mon corps royal.

Des Japonaises commandent une bouteille d’eau/de thé. Je me bagarre pour finir mon verre de glaçons avant d’entrer dans la salle de concert. J’en vois rentrer avec leur bière, mais n’imagine pas pouvoir faire de même. Je me connais : je poserai le verre à mes pieds et shooterai dedans dans la seconde. Buvons.

 

18H55

Je veux faire pipi.

Je vide mon Ginger, mes 500 yens, dans le trou des toilettes.

 

19H

J’entends la musique retentir. Ah, cette ponctualité japonaise ! Sortons, sortons !

Ils sont déjà tous installés, et je les dérange en cherchant mon siège. Je le trouve rapidement – heureusement, car ça commence !

Le grondement des instruments, un son puissant qui s’élève, la fumée qui enveloppe la scène. Bientôt, nous nous levons tous comme un seul être. Ils arrivent. Il est là !

Yamiyo no Lion donne le ton du concert. Nous sommes transportés dans un monde où un prince bienveillant nous convie à son banquet. Les fans sont dans l’ambiance, et exécutent un Para-Para des plus parfaits. Ils ont de belles roses, qui font comme des flammes dans la nuit. Je n’ai rien de tout cela, et agite mon petit poing d’amoureuse, certaine que mon feu atteindra Kamijo.

La scène était décorée comme sur le fond d’écran du nouveau website Epic Rock Orchestra^^ C’était majestueux !

Je crains qu’il ne lui arrive quelque accident, hélas ! Il tourne et virevolte sur Sanctuary, exécute des pas de danse sur ses hauts talons. Un pan de son long manteau noir reste coincé sous son pied, qu’il vient de poser sur la sono (quelle est donc cette boîte noire, devant lui ? Je suis sans connaissances, aide-moi donc !). Il tire dessus, d’un geste délicat de la main gauche. Ah, j’ai l’œil !

Lui aussi. Au début du concert, à deux ou trois reprises, il s’éloigne, se tient de dos. Je distingue une bouteille d’eau. Va donc calmer ta soif ! Tu nous donnes tant, ce soir ! Ah mais, un homme du personnel avance comme un loup. Kamijo, toujours de dos, échange de brefs mots avec lui. Quelque chose ne va pas, peut-être ? Mais il reste digne et droit, fort et majestueux, dans son sobre costume de cérémonie. Du noir et du blanc. Une chemise blanche, un pantalon et des bottes noires. Son long manteau, noir, lui aussi, s’évase à partir de la taille. Cela forme une jolie corolle lorsqu’il tourne. Et la carrure ! Ces épaulettes ! Alors qu’il murmure à l’oreille de l’homme du personnel, je réalise.

Le gars a la classe. Son personnage, ce Kamijo qu’il a crée ou pas, il dégage un truc, il t’ensorcèle, même de dos. C’est une grâce et une prestance. Une gentille maladresse, voire même, un peu d’autodérision.

Le retour du vampire – l’heure de la symphonie.

Presto me fait mal. La voix de Kamijo m’évoque la douleur. Quelque chose de perdu. Une lutte désespérée. Ou le tout mélangé. Sa voix se brise à la fin de Royal Tercet, meurt pour Louis. Le public le ressent-il ? Ah, mais j’imagine trop, moi aussi ! Me voici plongée dans ce terrible 18e siècle, avec des têtes qui tombent et du sang partout. Le jeune Louis XVII est enfermé là-bas, dans la chambre-tombeau. Je te conseille le livre bouleversant de Françoise Chandernagor : La Chambre, ou la violence faite à l’enfance. Ce n’est pas le moment de faire du Para-Para. Laissez donc vos mains tranquilles ! Je joue les despotes au fond de la salle. Tout le monde s’en fout. Je m’en vais souffrir seule.

Si la douceur revient avec Dakishimerare nagara, avec de jolies chorégraphies de roses en fleurs, la mélancolie de Konoyo de utsukushii bara yo vient troubler la voix de Kamijo. Le public l’a ressenti, et lève les mains, comme pour soutenir le chanteur fragile.

J’aime ces instants où tout implose et explose, où la voix se brise, où les émotions deviennent palpables.

Ils sont en symbiose. Kamijo, Meku, Anzi, SHUSE, Yamasaki. Des regards, des sourires, une présence. Ça réveille mes pulsions de fujoshi. Et ils sentent ça, oh oui ! Ils se rapprochent à la sensuelle, et j’imagine des scandales pervers. Ils sont beaux, quoi !

Très bien intégrés au groupe, la violoniste Kimura San et le pianiste Kouta san nous offrent une prestation ravissante. Et que dire de Meku, qui agite sa chevelure avec passion ! Il avance souvent devant la scène, pour le plus grand bonheur des fans. Anzi et SHUSE aussi charment le public, qui tend les mains en criant : quand c’est le moment, s’il te plaît. On ne crie pas pendant les chansons. Ça ne sert pas. Je ne paie pas pour entendre tes décibels rouillés.

Suite des conversations du vampire. Nosferatu introduit le nouveau titre de Kamijo : Castrato.

Mon instrument de mesure, c’est mon espèce de folie. Si j’imagine et me transporte ailleurs, j’aime. Si ça provoque des bizarreries dans ma cervelle, c’est parfait. Je recracherai ça dans une prose tordue, comme le Live report que tu lis en ce moment là tout de suite right now.

Dying Table, par exemple, c’est pas ma came. Y’a rien qui vient perturber mon cerveau. Kamijo va enchaîner avec ça, d’ailleurs.

Castrato 

Je vois, sens, partout, les images, les mots qui défilent. J’aime beaucoup. Dès le début, avec cette partie instrumentale comme un souffle puissant… Great !

J’entends les premières notes de Throne, et mon cœur bondit. Que j’aime cette chanson ! Je vois des duels, la fuite hors de la chambre, dehors, les révolutionnaires qui réclament encore quelques têtes, et la confusion, et les remords, et l’incompréhension. C’est l’un de mes titres préférés. Je pense « je vais me battre pour ma survie ». Jusqu’à la mort ! Ah, j’aime cette chanson !

 

Je ne sais plus quand Kamijo démarre son Tea time. Le public rit. L’artiste aussi. Il évoque ses projets futurs : la sortie de Castrato, le concert de Versailles en juin, son autre one-man en juillet (anniversaire !!), le Rose-FES… Je comprends à peu près ce qu’il dit, et gonfle ma petite poitrine de fan. J’ai progressé en japonais, eh donc !

Ils sont calmes. Les gens du public. Je me souviens du live de Kamijo, à Paris, en mars 2015. C’était la première fois que j’assistais à l’un de ses concerts. J’en étais ressortie renforcée, dans mon amour unilatéral. Je suis la reine de ce genre de romances. Le public était plus fou, plus mobile, il est vrai.

 

Les Japonais sont calmes.

Avant de venir, je lisais des commentaires, sur Internet : « les concerts au Japon sont sans ambiance » « le public est trop calme ». Il s’exprime à sa façon, voilà tout. Comme ce salaryman, comme enraciné, juste devant moi. Pas de headbang (avec modération les loups, on pense à Cervelle^^’), pas de Para-para, rien ! Les bras croisés, le regard fixe ; je vais croire qu’il s’est trompé de concert ! Mais… il bouge la tête ! Timidement, mais il bouge ! La jeune Japonaise à côté de lui agite ses longs cheveux blonds, lève les bras, certaine que sa rose sera vue des artistes sur scène.

Ils sont touchants.

Des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes. Du salaryman à l’étudiante, en passant les rockeurs et les visualeux, et les vieilles dames, oui ! J’aime ce mélange. C’est super, tous ces gens réunis, avec moi au milieu. Je me demandais comment serait le public. Je le trouve, dans sa forme, similaire au public français de 2015 : des gens de tout âge, habillés, pour la grande majorité, simplement (le fameux combo sweat-jean-baskets !) L’on pouvait penser, vu le style de l’homme, qu’il aurait un public plein de fanfreluches. Mais non, et c’est heureux.

A la fin du concert, ma voisine, une dame portant une sobre tenue dans les tons pastel, me salue. C’est un espace-temps. Pour deux heures, ils ont le droit. De crier, de secouer la tête fort, d’être calme. On fait ce qu’on veut.

Entre les chansons, beaucoup font ce qu’ils veulent avec leur bouche. Ils crient le nom de leurs artistes, avec plein d’amour dans la voix. Pendant la courte pause, ils veulent crier « vive le roi ! » Las, le français est farceur. J’entends des « il fait froid » « il croit » « victoire » « ville forte » ? Une voix se détache : « VIIIIIVE LEEEEEUH ROUUUUAAAA ». Elle s’impose rapidement, et donne le ton : « VIIIIIVE LEEEEEUH ROUUUUAAAA ! ». On répète : « VIIIIIVE LEEEEEUH ROUUUUAAAA ! ». Je n’ose crier la bonne prononciation. Ah, je suis timide !

Royal Blood

Kamijo annonce qu’il s’agit de la dernière chanson. Je ne le crois pas. Il y aura bien des Encore, non ? J’ignore qu’ils ont commencés depuis un moment, et me réjouis de vivre ce moment – Royal blood m’évoque aussi une lutte, une course, avec beaucoup d’espérance. Mais il y a toujours ce désespoir, la douleur reste là. C’est terrible !

C’est la fin ! Kamijo, Meku, Anzi, Shuse, Yamasaki, Kimura san, Kouta san se prennent la main. Nous faisons de même. Je suis agréablement surprise ! Jamais je n’aurais cru ça, au pays du no contact. C’est beau ! Les artistes partent…

~21H10

Et nous devons déguerpir ! Les vigiles nous chassent gentiment. On peut encore se délester de 500 yens la boisson, si on veut. Et les bijoux, les T-shirts, les cartes etc.

Je sors avec mon billet de concert, seule preuve de ma rencontre avec Kamijo (laisse-moi rêver).

Je suis contenteuh ! J’ai défié mon introversion pour assister à ce concert. Kamijo a une manière de nous conduire – lors des Para-para, par exemple. D’un geste, il nous indique quoi faire. Gourou, va ! Il avance, fait de grands gestes avec les bras, joue les crânes, parades. L’on va dire qu’il est mégalomane. L’instant d’après, il bredouille des pas de danse, l’on dirait un buveur sur le trottoir, il semble lui-même s’amuser de sa maladresse. Et je ris !  J’aime percevoir la fragilité de l’homme. C’est là qu’il est le plus fort.

 

J’espère que toi aussi, tu pourras assister à un concert de Kamijo (si ce n’est pas déjà fait n_n ?). Il est généreux, crée une ambiance féérique, un instant magique.


LIVE MEMBER

Guitare : Meku

Guitare : Anzi

Basse : SHUSE

Batterie : Yamasaki Kei

 

Violon : Kimura Kurassha

Piano : 佐山(je n’arrive pas à lire les kanji de son nom de famille é_è Sasan ? ça m’a l’air bizarre x_x mes excuses !) Kouta


SETLIST

1/ nouvelle compo (新曲) ~ Vive le Roi variation

2/ Yamiyo no Lion (闇夜のライオン)

3/ Sanctuary (サンクチュアリ)E

4/ -361- (Castrato new single)

5/ Presto

6/ Sacrifice of Allegro

7/ Royal Tercet

8/ Violin solo

9/ Corps musical ~ musique instrumentale (楽器隊)

10/ BASTILLE

11/ Louis 〜艶血のラヴィアンローズ〜 (enketsu no La vie en Rose)

12/ 抱きしめられながら (Dakishimerarenagara)

13/この世で一番美しい薔薇よ (Konoyo de utsukushii bara yo)

14/ Nosferatu

15/ Castrato (nouvelle compo)

16/ Dying Table

17/ Sonata

18/ 満月のアダージョ(Adagio of the Full Moon)

19/ Throne

20/ nouvelle compo (新曲 – short version)

 

ENCORE

1/ 運命 (Unmei)

2/追憶のモナムール (Tsukioku mon amour)

3/ Royal Blood

 

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