Free Hugs à Asakusa

あけましておめでとうございます!

(akemashite omedetou gozaimasu / bonne année !)

今年もよろしくおねがいします。

(kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu / cette année encore, je compte sur vous)

La composition la plus dégueulasse de l'année.

La composition la plus dégueulasse de l’année.

Je m’excuse pour la qualité des photos. Plaignez-vous à Apple, voilà, je balance, je suis de mauvaise foi.

C’est entourée de ma dream team frenchy que je presse le pas. 23h30, vite, vite, il faut être là pour minuit, là, avec tous les autres, les Japonais et les autres, tous unis là bas, au temple d’Asakusa (浅草神社).

Mes professeurs m’ont prévenue : いつも混んでいますよ!(itsumo konde imasu yo / c’est toujours bondé !). Particulièrement prisé pour les fêtes de fin d’année, le temple se voit progressivement inondé de gens, partout, ça déboule et ça piétine le sol froid. L’air sec fouette mon visage d’otaku. J’ai oublié ma grosse écharpe en France, préfère m’enrhumer plutôt que d’en racheter une. Ah, elle squatte les Boy’s Love de Mandarake et Book off, mais pour lâcher quelques yens dans une écharpe, y’a plus personne ! Fujoshi, va !

とっても混んで過ぎちゃって!

(tottemo kondesugichatte / c’est vraiment trop bondé !)

asakusa_temple_3

Nous sommes arrivés. Trop tard pour entrer dans le temple, bien sûr. Pour cela, il eût fallu attendre dès 22h, dès 20h, peut-être même avant, toute la soirée sur le pavé, ton 31 décembre par terre, tes orteils gelés sur le trottoir. Non merci. On se contente du temple, version extérieur. C’est pas mal non plus. Autour de lui, des dizaines de marchands nous réchauffent un peu, ajoutent quelques calories chaudes dans notre ventre froid. Des takoyaki, des yakisoba… Je renifle et salive devant les takoyaki. Je n’ai pas faim, mais pour mes chères boulettes, je suis prête à verser dans la gourmandise pécheresse.

Le silence. Ils attentent tous 2017. J’en vois un qui plonge un takoyaki au fond de sa gorge. C’est ça ouais. Pense pas aux voisines, surtout. Je suis mauvaise.

Ça vient.

Nous sommes là, mes camarades et moi, perdus dans la masse humaine. Ça vient ! Quoi ? 10, 9… J’entends rien. 7… Ah ! J’ai compris ! 6… Je sors mon portable. 4, 3… Bordel. On dit quoi, là ?

OOOH !

asakusa_temple_1

Moi qui voulais, pour une fois, être in, branchée, dans le coup baby ; moi qui voulais immortaliser le passage à la nouvelle année, rien du tout, KEUDAL. Mon portable pèse lourd dans ma main lente. Je tourne la tête à droite, à gauche. Les gens sont comme tout à l’heure à 23H59 59 (secondes). Comme tout à l’heure en 2016. A peine ont-ils poussé un « OOOH », un petit « OH » timide mais un peu fou tout de même, car on est le 1er janvier donc on peut déconner, mais déconner un peu seulement, car il faut prier au temple ou s’enfiler un petit takoyaki, car on est au Japon et qu’on ne crie pas fort, je ne sais pas, je ne sais rien, 2017 est passé trop vite.

La pseudo euphorie est retombée à 00H01. De nouveau, le silence. La correction japonaise. Même la casanière que je suis regrette qu’il n’y ait pas quelque folie passagère. Allez, quoi, un regard complice, un regard neuf de 2017 échangé avec sa voisine/ son voisin. C’est pas grand-chose. J’te demande même pas une tape amicale, prenons notre temps-en-en (qui se souvient des Poetic Lover ?)

asakusa_temple_2

C’est là que l’un de mes camarades a une idée merveilleuse. Un cri de joie. Et nous voici, bras dessus, bras dessous, formant un cercle, sautillant et criant : Bonne année ! Les Japonais nous observent, interloqués. 外人だね。。。(gaijin da ne… / Ah, ces étrangers…) Mais pour une fois, pour cette fois là, une lueur de bonheur passe dans leurs yeux. Nous les invitons à nous rejoindre, et ils viennent, véritablement heureux. Le cercle s’agrandit. « Happy new year » ! Une Japonaise me prend dans ses bras. Deux. Trois. Et eux me tapent amicalement dans les mains. Je me retourne et lance à un couple : あけましておめでとう ! Ils me répondent, un large sourire aux lèvres. Et nous sautons, nous dansons, nous nous embrassons. C’est la liesse.

Quelques minutes d’euphorie arrachées à cette froide nuit d’hiver.

Le calme revient. Les gens se dispersent. Ils vont manger des takoyaki, courir au temple, crier dans les karaoke. Au loin, un petit groupe de Japonais s’attroupe devant une caméra. Nous nous joignons à eux, intrigués. Un journaliste excite la foule. Il faut faire du bruit. Deux secondes. C’est toujours trop court, ici. L’image est enregistrée. J’imagine déjà le journaliste faire son montage, à grands coups de « Asakusa en folie pour le Nouvel An ». Non mon gars. Joue pas avec la vérité.

Je l’ai vue moi, la vraie liesse. Le bonheur retrouvé. Las, c’est toujours trop court, ici.

 

Et toi, comment était ton nouvel an ? Je fais genre je m’intéresse, t’as vu. En 2017, Mikki poseuh des questions ~ ! Comme Béatrice, dans Une vie nouvelle. Jette-toi sur cet anime vintage, made in Adachi !

Publicités

A toi d'jouer è_é !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s