Platinum End tome 1

Le voici tout chaud et glitter, avec sa couverture à paillettes. Ambiance funky chez les suicidaires ? Je suis cruelle. Mes excuses.

« Tout le monde le disait, et c’était écrit partout », pour paraphraser mes chers 2be3. Ce que j’ai pu danser sur leurs chorés, alors. Je me demande si le petit Mirai aime danser. « Mirai », quel nom, pour quelqu’un qui veut mettre fin à ses jours. « Mirai » signifie « futur », en japonais. J’espère que le « Mirai » de Platinum End s’écrit bien comme le mot « futur » (未来). Sinon, j’aurais l’air d’une plouque, et je ne vais pas aimer ça.

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Platinum End © Tsugumi Ohba, Takeshi Obata /2015/ Shueisha Inc.

Je ne te fais pas languir plus longtemps, et t’invite à presser la pulpe de ton index bien vivant sur ta souris chaude.

Mirai est désespéré. Ses camarades rient et pensent à demain. C’est la fin de l’année scolaire, bientôt, le lycée, les nouveaux camarades, une nouvelle page de vie, et rien pour Mirai !

Personne ne remarque l’enfer que vit le garçon. Autant arrêter ça, tout de suite. Là, maintenant, sur le toit de l’immeuble. Mirai saute.

Un ange le sauve. Lui redonne espoir et courage. Avec un peu de torpeur pour les épices. Mirai n’avait rien demandé. Le voici avec d’étranges pouvoirs de vie et de mort, au milieu d’une bataille pour devenir le nouveau dieu. Lui ne souhaitait qu’être un lycéen ordinaire. Des rêves simples, un diplôme, une maison, de l’amour. C’est si compliqué ?

La golden combi est de retour. Ohba au scénar. Obata au dessin.

Et ça ne fonctionne pas. Pour moi, en tout cas.

Ah, oui, je l’écris ! Ouvre donc tes yeux outrés, envoie-moi des missiles, qu’on s’amuse.

Côté dessin, Obata n’a plus rien à prouver. Las ! Je le sens depuis Blue Dragon. L’homme verse dans le fan service chelou, avec des mises en pages faites pour plonger les yeux dans les poitrines rebondies ou les fesses de l’ange.

J’ai eu du mal à me plonger dans l’histoire. Certains auteurs insistent sur la psychologie des personnages, comme Urasawa avec Monster, ou Mori avec Emma. On voit des scènes contemplatives, le quotidien des protagonistes. En quelques cases, une connexion se crée entre les personnages et nous.

Platinum End © Tsugumi Ohba, Takeshi Obata /2015/ Shpueisha Inc.

Platinum End © Tsugumi Ohba, Takeshi Obata /2015/ Shueisha Inc.

 

Ohba, lui, mise plus sur « l’action ». « L’action », ou plutôt, le « thème » devient un personnage à part entière. Les différents protagonistes gravitent autour de ce « thème » : la lutte du bien et du mal, symbolisée par ces étranges flèches que Mirai peut manipuler. C’est un thème très fort, nerveux, puissant, vampirisant. La sauce prend dans Unlucky Young Men, par exemple, où le thème (le désespoir) nous plonge dans l’abîme.

Hélas, Platinum end me laisse dubitative. En une page, on nous fait bouffer le passé du héros, l’on nous force à avoir de l’empathie pour lui. Mais tout ça, tout d’un coup, c’est trop !

Je vous parlais de poitrines, tout à l’heure. Obata les montre vraiment. Et c’est choquant. Oui, quoi, sérieux ! Laissez les gamins de 12 ans tranquilles. D’ailleurs, ce n’est pas une lecture pour un gamin. Obata est assez connu pour cesser de racoler avec ce genre de dessins. Je joue ma prude, oui. Appelez-moi Mikki bégueule. Encore un peu, on avait « belle gueule ». Quel dommage !

Et l’autre là, le Kamen rider des justiciers… Sérieux ?

Pourtant, les auteurs nous posent des questions pertinentes : qu’est-ce que le bonheur ? Jusqu’à où sommes-nous prêts à aller pour l’avoir ? Nasse, l’ange de Mirai, semble complètement amorale. On la supposait sage et vertueuse (c’est un peu le principe de l’ange, non ?), on la découvre sans aucun sens moral. A la différence de l’immoral, qui connaît la moral mais décide de ne pas la suivre, l’amoral ne connaît pas la morale. C’est bien plus inquiétant.

Mais le fan service freine vraiment. L’histoire sonne creux. Un tournoi pour désigner le nouveau dieu ? Je soupire, je soupire… !

Autre truc bien glauque : les filles. Encore une fois, je le sens pas. J’ai peur de retrouver des imbéciles, comme dans Death note et Bakuman. Les deux auteurs n’aiment pas les nanas ou quoi ? Ils les cantonnent toujours à des rôles figuratifs. Elles sont mignonnes, bêtes, font le ménage, ne comprennent rien aux rêves des mecs, n’aspirent qu’à l’amour. Sérieux, le tome 1 de Bakuman est trop choquant. Et la suite, c’est pas mieux.

J’achèterai tout de même le prochain tome de Platinum end. Qui sait : j’aurai peut-être une bonne surprise…


Titre japonais : プラチナエンド(Purachina endo)

Titre français : Platinum End

Scénario : Tsugumi OHBA | Dessin : Takeshi OBATA

Série en cours : 1 tome sorti en France, 2 au Japon

Genre : suspense, fantastique, désespoir en flèche

Edition japonaise : Shûeisha, 2015

Edition française : Kaze, 2016

A lire à partir de 14 ans

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