LA FIN DANS LES MANGANIME : ADACHI LE ROMANTIQUE (partie 3)

Avant, je pensais que :

Fin fermée = on a tout dit / Fin ouverte = on a pas tout dit, c’est à nous d’imaginer la suite

Sont-ce les mots « fermée » et « ouverte » qui m’induisaient en erreur ? Et puis, j’ai compris (un peu). Les choses ne sont pas aussi figées. Car, ce qui compte, c’est bien la possible réalisation de l’objectif du héros/de l’héroïne, et ce qu’il se passe après.

Selon moi, c’est ce qui détermine une fin ouverte et une fin fermée. Je me la joue enseignante alors que je connais rien. #mikkilacrapule.

C'est qui la crapule, que j'la dégomme ?

C’est qui la crapule, que j’la dégomme ?/ Grave, pète-lui la gueule. Je voulais pas apparaître dans son sale doss’

Avec la fin fermée, que le héros/l’héroïne ait accompli ou non son objectif, aucun horizon ne se dessine. A contrario, avec une fin ouverte, de nouvelles perspectives s’ouvrent. A noter que ces perspectives peuvent être aussi bien positives que négatives, genre, ça ouvre sur un monde dominé par le mal >_<. Genre, un monde avec que moi, moi et moi. Chauuuud !!

Aujourd’hui, on va justement s’intéresser aux fins ouvertes. Je trouve qu’il y a (en tout cas, dans les œuvres que je lis^^) bien plus de fins ouvertes que de fins fermées.

Au menu du jour ~ spoil sur : H2, Jinbe, Cross Game, Niji-iro, Katsu, Touch, Rough : du 100% Adachi !

Précédemment dans La fin dans les manganime

Ben oui, tu croyais que j’avais lâché le dossier ? Ou tu t’en fous ? Alors que je travaille dur, en ce dimanche 26 juin 2016, alors la France de Griezmann a gagné ! +1 pour les cheveux de Giroud. As-tu remarqué comme cet homme fait tout avec sa tête ? Tout, tout, dans le cuir chevelu ! Bon, je fais genre je m’intéresse au foot, mais tu sais bien que mon coeur ne vibre que pour les patins des patineurs artistiques. Grrr, ces patins qui fendillent la glace. Je fonds.

C’est compliqué, de finir une histoire. Attaque ultime de la mort qui tue ? Héros qui s’évapore dans le ciel ? Punchline intergalactique du désert ? Une petite sauce à la Adachi ?

H2 TOME 34

Le carré des l'amour : casquette Noire, Hideo. Casquette blance, Hiro. Cheveux courts

Le carré des l’amour : casquette Noire, Hideo. Casquette blance, Hiro. Brassière, Haruka. Débardeur, Hikari.

Le temps d’une demi-finale, les amis-rivaux Hideo et Hiro peuvent enfin s’affronter ! C’est Hiro qui gagne le duel, et le match de base-ball. Il n’a cependant pas gagné le cœur de la belle Hikari, qui choisit Hideo !

J’y vois un message d’espoir pour tous les perdants. Ne vous foulez pas trop à la tâche ! L’amour viendra quand même.

Quoique : Hideo, avec son corps robuste, c’est quelque chose.

Hiro comprend et accepte sa défaite, se retrouve, dans les dernières pages, avec la mignonne Haruka. Il semble plus  fataliste  que ravi  : si elle éprouve des sentiments pour lui, lui désirait Hikari. L’histoire se termine sur le coup d’envoi de la finale.

Sérieux. J’étais choquée. La fin ressemble trop à une fin de chapitre ordinaire. Je l’aurais même classée dans la catégorie « non fin », si les héros n’avaient pas atteint ou perdu leur objectif. Ici, le match sportif, et surtout, amoureux, trouve une issue. La pauvre Haruka fait de la peine >_<. Elle me rappelle Nitta, de Touch !

H2, c’est l’accident adachiste. C’est son manga le plus long, et… le moins intéressant sur la durée. Surtout, la dernière partie… c’est pas possible. Bon, ça reste cool, mais, par rapport aux autres titres, c’est non quoi !

 

ROUGH TOME 12

ROUGH © 1987 / Mitsuru ADACHI / ShogakukanCôté « fins qui suscitent le débat » on a aussi du lourd, avec Rough. Les fans se divisent : fin pourrie, ou génie adachiste ? C’est vrai quoi, tout était dans le titre : « rough », « inachevé ». Stopper le manga sans fin réelle, c’est un vrai coup de maître !

62e finale du 100m nage libre hommes. Keisuke Yamato VS Hiroki Nakanishi. Les deux sportifs sont aussi rivaux en amour : Ami Ninomiya a t-elle, enfin, fait un choix ?

Ecouteurs dans les oreilles. Keisuke se relaxe avant la compétition. Mais son baladeur cesse brusquement de fonctionner. Il l’abandonne dans un panier à linge, et va se mettre en position. Le coup de sifflet retentit… Et le baladeur se remet en marche. On entend la voix de Ninomiya : « C’est toi que j’aime » « Ici Ami Ninomiya » « Réponds-moi, Keisuke Yamato ».

Je trouve cette fin frustrante, et jolie. Romantique, comme Adachi sait les faire. Rien à voir avec la fin nulle de H2. Rough est l’un des meilleurs manga du maître. Au dessin, comme au scénario, il était au sommet. L’on imagine des jours heureux, pour les deux héros.

JINBE ONE SHOT

jinbeLe « maître des sentiments ados » est aussi celui qui amène la polémique. En effet, le délicat Adachi explore aussi une thématique controversée : l’inceste. Présent dans Niji-iro Tohgarashi, ou encore Jinbe, l’inceste est une patate chaude que le mangaka nous sert à sa sauce. C’est mélancolique, c’est romantique, ça n’en reste pas moins étrange. L’affaire Jinbe reflète bien le malaise que l’on peut ressentir.

Devant un grand aquarium, Jinbe, de dos, réfléchit. Il entend des bruits de bas et se retourne vivement. C’est Miku, sa fille. Enfin, la fille de sa défunte épouse. Mais Jinbe l’a toujours considérée comme sa propre fille, alors… Miku s’arrête devant Jinbe. L’on voit leurs ombres, de profil. Elle l’invite à manger.

Alors, où est la polémique ? Une fille n’a-t-elle pas le droit d’inviter son père à manger ?

Mais Miku ne se comporte pas en « fille », ni Jinbe en « père ». Un court texte en encadré nous éclaire : s’ils comptent rester ensemble, ce ne sera pas en tant que père et fille.

La première fois que j’ai lu la fin de Jinbe, j’ai pensé : euh… ? Sérieux, là ? C’est ambiance Woody Allen ou quoi ? Adachi réussit cependant à nous dévoiler avec pudeur et douceur le quotidien des deux héros. Jinbe est, pour moi, une œuvre à part, dans la carrière du mangaka. Les personnages sont tous adultes, ou en passe de le devenir. Si l’humour adachiste est toujours présent, le ton se veut, là encore, plus mature.

CROSS GAME TOME 17

Le maître des sentiments ados  est connu pour ses fins sentimentales. Cross Game n’échappe pas à la règle et nous montre ces scènes dont Adachi raffole : le miraculeux rapprochement des deux héros !

Kou et son équipe ont gagné contre Ryuoh. Le rêve de Wakaba se réalise : en route pour le Koshien ! Mais Kou ne part pas seul : Aoba l’accompagne. Les voici à la gare. La fille prend subitement la main du garçon : le train va arriver ! Il s’étonne : « Depuis quand on se tient la main ? » « Si ça ne te plaît pas, tu peux t’éloigner » « Entendu ». Il ne s’éloigne pas, au contraire. Tenant fermement la main de la fille qu’il aime, il repense à ses souvenirs, douloureux et heureux. L’histoire se conclut sur un clin d’œil au titre du manga : « On dit que trouver un trèfle à quatre feuilles apporte bonheur et chance. »

cross_game

Adachi sensei est un homme à l’ancienne. Alors que, dans les titres actuels, les couples se pécho dès le début, ou, du moins, se montrent plus tactiles, chez Adachi, c’est vive les paraboles et autres paroles à double sens. Pas de rapprochement physique. Ça, c’est réservé pour le grand final : le serrage de main pour Cross Game, le bisou pour Katsu, tome 16 (et encore, on ne voit que les ombres !), un toucher de front dans Touch (tome 26, p162 sur 184) suivi du fameux bisou : et là c’est pire, car on ne voit rien ! Juste la pointe des pieds soulevés de Minami ! Dans Niji-iro Tohgarashi (tome 11), on a droit à une image des jeunes mariés, assis côte à côte. Et c’est tout !

 

Adachi est-il has-been ? Oui, non, à chacun de se faire un avis (la réponse bidon). Pour moi, l’auteur a surtout un style. Chez lui, tout se fait en pudeur, en douceur. S’en dégage un romantisme délicat, drôle et attendrissant. Je peux néanmoins comprendre que des amateurs de rapprochements corporels plus appuyés soient frustrés ! Mais, dans un monde où l’on montre trop, Adachi fait le choix de laisser les lecteurs et lectrices imaginer, et rêver.


Quelques questions pour stimuler ton système neuronal

Connais-tu Mitsuru Adachi ?

Aimes-tu les manga de Mitsuru Adachi ?

Aimes-tu les fins des manga d’Adachi ?

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6 réflexions sur “LA FIN DANS LES MANGANIME : ADACHI LE ROMANTIQUE (partie 3)

  1. Hello !

    Je voulais te remercier pour avoir écrit cet article ainsi que celui sur les mangas d’Adachi en France (et n’oublions ton article sur les mangas de l’été où tu conseilles Rough !). Ca faisait longtemps que je comptais lire ses oeuvres, et tes articles ont achevé de me convaincre de tenter le manga café pour le découvrir.

    J’ai lu Touch et Rough et les deux mangas étaient magnifiques. Merci beaucoup d’avoir écrit sur eux ! 🙂
    Tu as fait un nouveau fan d’Adachi grâce à ta passion communicatrice. ^_^

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    • Bonjour bonjour n_n !
      C’est moi qui te remercie pour ce très gentil message. Je suis gênée >_< je ne mérite pas ça ! (Tu sens la fille habituée aux railleries é_è ?)
      Je suis très heureuse que tu apprécies Adachi 🙂 C'est un artiste à part, au style doux et nostalgique.

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  2. Alors pour répondre à tes questions j’adore Mitsuru Adachi.

    Je n’ai pas encore lu Jinbe mais tous les autres oui (en Version originale et certains en version française également).

    J’aime ses fins, j’aime son humour surtout d’autodérision envers son propre perso nage de mangaka. J’aime son goût du fan service et son talent pour proposer de l’érotisme pour ado tout en pudeur.

    Bref un artiste que j’adore lire et relire.

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    • Merci pour ton avis 🙂 j’ai toujours l’impression que les fans d’Adachi sont une perle rare, ahah ~
      C’est vrai, je n’ai pas évoqué le fan service chez Adachi ! Heureusement, ça reste innocent^^ On a vraiment le regard de l’ado qui veut découvrir comment c’est sous les jupes, mais qui ne voit pas grand chose^^ ça tranche avec l’image du fan service en général, bien plus démonstratif !

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      • C’est justement cet érotisme tout en délicatesse que j’apprécie dans son œuvre. C’est moins lourd et plus réaliste que les panty shot à chaque case (genre negima) ou le fan service un peu lourd (genre suzuka).

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        • C’est vrai ! Je trouve cependant que, dans ses oeuvres plus récentes (je pense à Cross game) Adachi semble en montrer plus é_è. Désir d’attirer les jeunes ? Mais bon, ça reste très loin d’un Negima ou d’un Fairy Tail !

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