OTOMEN – JE SUIS MOI [partie 4/fin]

C’est si grave, une fille nulle en cuisine ? Un mec, roi des cuistomen ? Non, sérieux, posons-nous cinq secondes. D’accord, dix minutes. Ces beaux bishi le valent bien !

Oh les pitchounous ! De gauche à droite : le sulfureux Tachibana, la princesse Asuka, et le ténébreux Tônomine

Oh les pitchounous ! De gauche à droite : le sulfureux Tachibana, la princesse Asuka, et le ténébreux Tônomine

C’est reposant, de s’affranchir des clichés, de briser le mur invisible pour rencontrer les vraies personnalités ! Je suis moi. C’est la révolution !

Précédemment dans le dossier Otomen

« Le refoulement obligatoire des manifestations pulsionnelles, la pudeur qui les entoure s’intègre à ce point [à nos habitudes, que nous ne pouvons nous en] défendre, même quand [nous sommes seuls], même quand [nous nous trouvons] dans l’enceinte « intime » »[1]

Mais lorsque nous prenons le courage de nous exposer, nous nous libérons. De ce point de vue, chaque héros d’Otomen représente un regard, une vision du monde.

Madame Masamune est le diktat du On, le monde social, l’autorité garante du respect des traditions. Tout changement est à proscrire, car non conforme à la norme. Madame Masamune est une société fermée.

Mon petit Asuka à la couture, mon petit Tônomine au make-up !

Mon petit Asuka à la couture, mon petit Tônomine au make-up !

Asuka est un papillon dans sa chrysalide. C’est un monde en devenir. Rongé par le doute, il craint de se révéler tel qu’il est. Il attend une main tendue, un regard bienveillant. Tônomine est dans le même cas. Mais, contrairement à Asuka, il masque ses craintes sous un voile d’orgueil et de colère.

Ryô est le monde de demain. Virile, calme, elle vit sa vie sans se soucier du regard des autres. C’est elle, le regard bienveillant ; c’est elle qui tend la main à Asuka. Dommage ! Il faut attendre le tome 13 pour la découvrir enfin. Avec Ryô, tout semble simple. Parce qu’elle ne s’embarrasse pas des préjugés et qu’elle accepte l’autre comme qu’il est.

Comme Ryô, Kurokawa se moque du qu’en dira t-on. Cet otaku des fleurs cultive son étrangeté avec passion, et c’est bien !

 

Bien parlé, mon petit Asuka !

Bien parlé, mon petit Asuka !

Tachibana aussi permet à Asuka de sortir de son enfermement. Il partage avec Ryô une force de caractère. Mais lui n’arrive pas encore à se défaire du jugement de la société. Shôjo mangaka, il se travestit en demoiselle pour ne pas détruire les rêves des jeunes filles. Mais quels rêves font-elles, ces filles ? Font-elles toutes le même, d’abord è_é !? N’est-ce pas plutôt le corps social qui les oblige à rester dans une tradition faite d’amour, de douceur et de fragilité ?

Ariake, c’est le monde en construction. Véritable girouette, il prend tout ce qui passe pour argent comptant. Eternel insatisfait, il ne s’apprécie pas. Sa loufoquerie n’est qu’un leurre. Lui aussi cherche un regard bienveillant, un avenir dans lequel se projeter.

LA NOTE QUI SERT A RIEN MAIS QUE J’ECRIS QUAND MEME

Pour fêter la sortie d’Otomen, Delcourt proposait le test : « quel otomen serait fait pour vous ? » (un truc comme ça) Mon résultat : Asuka !! Oh, mon pitchounou !

La fin d’Otomen est belle ! Revoir nos héros en paix est extrêmement rafraichissant. Oui, mais. Je sais que Ryô est passionnée mais, quand même… faire ça, ici, c’est pas possible ! Et j’ai pas compris : Asuka, c’est quoi son métier x_x ?

otomen_asuka_kawaii

Un amour de bishi >_<

C’est sur cette note positive que s’achève notre dossier ! Drôle, touchant, Otomen est un manga pansement frais et mignon. L’on s’attache vite aux personnages, et on avance, avec eux !

Cultivons nos différences ! Soyons nous-mêmes !


Titre japonais : オトメン(乙男) [Otomen] | Titre français : Otomen

Auteure : KANNO Aya

Série finie en 18 tomes, en France et au Japon

Editeur japonais : Hakusensha, 2007 | Editeur français : Delcourt, 2008

Genre : comédie, romance, école, tranche de vie, bishi, shôjo

A lire dès 12 ans !


[1] Norbert Elias, La civilisation des mœurs 2e éd. Pocket p 417.


Sources

Pierre Bourdieu, La domination masculine. Actes de la recherche en sciences sociales. 1990, vol 84, n°1, pp 2-31

Norbert Elias, La civilisation des mœurs, 1e éd 1939 ; 2e éd 1969, Pocket

Jean-Claude Kaufmann, Casseroles, amour et crises : ce que cuisiner veut dire, 2005, Hachette

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