OTOMEN – TOUCHER LE TRAUMATISME [partie 3]

Au fond, c’est quoi, le problème d’Asuka ? Ne pas pouvoir montrer sa vraie personnalité. D’accord. Mais pourquoi ? Parce que sa mère reste traumatisée par la raison du départ de son père. Il l’a quittée, et c’est déjà terrible. Il l’a quittée pour devenir une femme. C’est insupportable.

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Roh, ça va ma pastèque ! T’inquiète, tu vas t’habituer^^

Hélas, Aya Kanno traite ce problème familial de façon très timide. L’histoire commence à tourner en rond (18 tomes, c’est trop) ; les derniers volumes du manga sont expédiés bien trop vite. Le rythme global est bancal !

Imaginons : vous avez une super famille, un super boulot, et vous êtes super ! Ambiance feelgood à fond. Un jour, votre conjoint-e vous apprend qu’il/elle veut vous quitter pour explorer l’autre côté de la force…

Précédemment dans le dossier Otomen

TOUCHER LE TRAUMATISME

On pense quoi, en général ? Que l’autre a un problème psychologique, une « déviance » inavouable ? Le fait qu’il/elle veuille vous quitter devient presque accessoire. Ce qui choque, c’est la raison. Déterminisme social oblige, impossible, pour la société,  d’imaginer qu’un homme veuille s’habiller en femme.

Mais le contraire est si banal qu’on ne se pose plus la question ! O, femme, petite chanceuse ! Tu peux porter ce que tu veux. Pour les mecs, c’est pantalon-bermuda-short toute l’année. Souvenez-vous du périple de la couleur rose ! Que d’années, avant que les hommes osent la porter sans craindre le ridicule…  Pourtant, au temps de Louis XIV – et même avant ! – les hommes portaient des toilettes bien plus colorées qu’aujourd’hui. Ils étaient beaux-gosses, avec leurs talonnettes et leurs perruquettes.

Foutez-moi la paix !

Foutez-moi la paix !

Dans l’inconscient collectif, celui/celle qui sort de la norme est déviant. Monsieur Masamune est déviant. Pire : il serait malade. Et pourquoi pas homo ? Hélas, il n’y a pas si longtemps encore, l’homosexualité était considérée comme une maladie. Merci aux manipulations du fabuleux diktat du On.

Il existe des hommes qui aiment se travestir. Aucun lien avec leur sexualité. Mais ça dérange, car ça touche à l’essentiel : notre identité d’homme ou de femme, avec tout ce qui en découle.

Vous commencez à me connaître (je commence à me la péter dis donc !), je suis quelqu’un de terre à terre. Dramatiquement banale. Misérable sur mille générations. Enfant de la crotte (bref).

La fille moderne, et bim !!

La fille moderne, et bim !!

J’ai essayé, un jour, de pisser comme un mec. Je trouvais ça pratique, ce tuyau d’arrosage à jet propulseur. Toutes mes tentatives se sont soldées par des échecs. J’ai compris que j’étais une fille.

Une fille qui se bagarre avec Jonathan (je t’ai mis la pâtée mec !!), déchiquète les peluches, démembre les poupées et crève les yeux des Barbie. Très vite, mes parents Forever ne m’achetèrent plus de peluches, poupées etc. J’aimais pas ça, quoi ! Surtout les Barbie ! Je me souviens d’un anniversaire : une fillette m’offre une Barbie. Le jour même, seule avec ma victime, je lui crève les yeux et la bouche, lui arrache les cheveux, découpe ses vêtements, arrache ses quatre membres, coupe la tête. Je lui ai même troué les nénés O_O.

J’aurais pu finir psychopathe. J’ai de la chance d’avoir terminé nolife.

Par cet exemple honteux sur ma jeunesse de serial killer, je constate que rien n’est mécanique. L’on ne peut définir une fille/un garçon à ses goûts pour des activités supposées féminines ou masculines.

On est pas moins garçon parce qu’on aime se pomponner. On est pas moins fille parce qu’on ne se maquille jamais (t’es rassurée, Mikki ?) (Ahahah) (Même le maquillage me fuit).

Quand on se sépare de nos préjugés, on arrive enfin à regarder l’autre réellement. Et, comme Asuka vis-à-vis de son père, on est heureux et fier.

Tiens mon doudou, c'est moi qui offre.

Tiens mon doudou, fais « Aaaah » *o*

Le manga aurait gagné à être plus direct. Car au fil des tomes, Aya Kanno tourne vraiment en rond, et c’est relou. Il manque l’audace de parler plus crument. Dis-le, bordel ! Madame Masamune a peur que son fils devienne gay ! Elle délire et fait des raccourcis bêtes ! Comme j’aurais aimé que Setona Mizushiro ajoute un peu de sel dans l’histoire ! Là, oui, on aurait eu du fight psychologique !

Ne sois pas triste, Kanno sensei, t’as fait des trucs cools (déjà, des bishi) (Mizushiro sensei fait pas de bishi). Tu as aussi crée une ambiance « otomen », mignonne et sucrée ~ on en reparle bientôt, dans la suite du dossier !

 

Merci de m’avoir lue ! Passez une bonne semaine. Faites attention au fluor !!


Titre japonais : オトメン(乙男) [Otomen] | Titre français : Otomen

Auteure : KANNO Aya

Série finie en 18 tomes, en France et au Japon

Editeur japonais : Hakusensha, 2007 | Editeur français : Delcourt, 2008

Genre : comédie, romance, école, tranche de vie, bishi, shôjo

A lire dès 12 ans !

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