Unlucky Young Men tome 2

Unlucky Young Men © Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka / 2007 / Kadokawa Shoten

Unlucky Young Men © Kamui Fujiwara et Eiji Otsuka / 2007 / Kadokawa Shoten

Précédemment dans Unlucky Young Men

Les jeunes gens malchanceux ont réussi : ils les ont finalement dérobés, les 300 millions de yens. Le scénario de T n’est-il pas encore plus glaçant en vrai ? Kaoru semble s’amuser : quelle idée géniale que de prêter main forte au groupe de voleurs ! Ça fera chier son policier de père. C’est bien.

Et N ? On ignore ce qui lui arrive. Avec Yoko Yamamoto, il joue au jeune couple. Ça ne va pas. Yoko en uniforme s’infiltre dans l’histoire – ne devenait-elle pas trop plate ? Certainement, faut-il chambouler tout ça. Apporter du suspense et du tragique. Avec 300 millions de yens, ça passe mieux. Elle les appellera pour l’explosion finale.

 

Unlucky Young Men n’est pas un titre facile. Moi qui aime tant m’évader dans les pages, me suis retrouvée aux portes de l’histoire comme une petite misérable. A peine m’a-t-on laissé lire, mais sans m’expliquer les paraboles, regarder, mais par le trou de la serrure. Il fait noir à l’intérieur, personne n’allume les lumières, tant pis pour moi.

Les personnages sont, le plus souvent, réduits à des initiales : N, T, S, M… Ils sont plantés là, dans le Japon des années 60. Mais même ça, ça disparait. Ils pourraient être au Japon ou dans un autre pays, hier ou aujourd’hui, l’important est ailleurs ou nulle part, ils sont là, c’est déjà ça. Il n’y a pas d’avenir, juste un présent étouffant. Tout est très froid et désespéré, dans Unlucky Young Men. Le temps lui-même semble avoir envie de se suicider.

Et s’ils nous montraient un bout de passé, une larme ici, un sourire là. Mais non, là encore, nous sommes retenus loin de leurs émotions. Même lorsque T retrace le passé de N, il n’y a rien. Ont-ils un bout de cœur, quelque part ?

Elle est justement là, l’émotion. Dissimulée derrière les initiales obscures. Et les regards éteints, les épaules rentrées, la démarche lente. Tu veux quoi encore ! Ils n’ont plus rien à dire, les jours heureux sont terminés, voilà !

Revenant sur son œuvre, le scénariste Eiji Otsuka explique : «  Je pense que c’est cette sorte d’étouffement, le désespoir face à cette fatalité que j’ai voulu exprimer ».

C’est tout à fait ça. Les gens resteront dans le noir.

Humble, d’Eiji Otsuka, poursuit, remerciant son éditeur pour la confiance témoignée envers une œuvre : « [qui ne] rapporterait pas un sou. »

Mon cerveau fertile imagina le scénariste et son oeuvre : les émotions sont aussi là. Si les auteurs créent avant tout les histoires qu’ils aiment, ils ne peuvent se passer du public. La réalité économique les force à s’interroger : ça se vendra, au moins ? Et en même temps… certains titres méritent de sortir, même si l’on sait qu’ils n’exploseront pas les chiffres de vente. Unlucky Young Men est comme ça, je crois.

 


Titre japonais : アンラッキーヤングメン [Unlucky Young Men] 

Titre français : Unlucky Young Men

FUJIWARA Kamui (dessin) et OTSUKA Eiji (scénario)

série finie en 2 tomes, au Japon et en France

Editeur japonais : Kadokawa Shoten, 2007 | Editeur français : Ki-oon, collection Latitudes, 2015

Genre : thriller, suspense, critique sociale, seinen

A lire à partir de 14 ans

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