Saiyuki

« ALLONS VERS L’OUEST ! »

Je me souviens, à l’époque où l’anime passait sur la chaîne Mangas, j’écrasais mes yeux de requin contre ma télévision, dans l’espoir de suivre les aventures de Sanzo et sa bande depuis la mosaïque. Eh oui ! « Mangas » était une chaîne payante… Mais j’avais trouvé la parade. J’ai une cervelle, et je m’en sers !

Sur la mosaïque, tout est gratuit ! Certes, au bout de quelques minutes, le son se coupe. Il me suffisait de changer de chaîne, et de revenir sur mon programme. Mon génie me foudroie.

Depuis, je porte des lunettes.

C’est grave, ce que j’ai fait ! Hakkai en valait-il la peine ? C’est mon personnage préféré.

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Admirez donc Hakkai (en haut à droite), si calme, si majestueux ! Saiyuki © by Kazuya MINEKURA

 

Gros succès dans les années 2000, Saiyuki, c’est le road trip kakkoi (cool^^) à la sauce gunfight, sur un lit de yokai (les démons japonais) : Sanzo, Hakkai, Gojyo et Goku parcourent le monde – vers l’ouest, toujours ! Objectif : sauver l’équilibre fragile humain/yokai…

Funky, le road trip ? La vie n’est pas toujours belle, dans leur espèce de pick-up… Les quatre héros errent entre des yokai bouleversés, des humains perdus. Le passé s’invite et trouble toutes les visions… Sanzo, Hakkai, Gojyo, Goku… votre combat n’est-il pas perdu d’avance ?

 

LES HOMMES SONT COOLS

Kazuya Minekura, c’est la fille qui rend les mecs kakkoi (cools^^). On ne sait pas vraiment où ils vont – c’est vague, l’ouest ! Tant pis, on les suit ! Car avant tout, Saiyuki, c’est les aventures de quatre bishi bizarres…

Le blond chef de bande vite fait : Gangyo Sanzo, censé être un moine bouddhiste de haut calibre, le titre de « Sanzo » n’étant pas donné à n’importe qui… Y’a dérogation, alors : notre homme boit, fume, et se trimballe avec un flingue… Anti héros par excellence, qui cache d’horribles plaies mal cicatrisées…

Le binoclard de la série : Cho Hakkai. Il a l’air calme, mais c’est un bouillant ! Le cerveau de la bande, l’eau froide quand les autres surchauffent… Hakkai est un mystérieux. Son passé se dévoile au fil des tomes… Il était humain, avant de tremper dans le sang des yokai.

Le mec qui chauffe toujours : Sha Gojyo. Il fallait bien un gars chaud comme la braise ! Un rouquesh’ sexy ! Sans filles, ce type va mourir, c’est sûr ! Mais il faut le comprendre. Lui aussi trimbale ses casseroles. C’est un métis, moitié humain, moitié yokai.

La touche so cute : Son Goku. Il faut toujours une mascotte, dans un groupe. C’est le pitchounet Goku ! Quoique… ce type est un vieillard, en fait. Yokai de plus de 500 ans, il a été sauvé par Sanzo… Lui aussi, il a souffert ! A part la bouffe, et la baston, on ignore ce qui l’intéresse.

 

L’HISTOIRE AUSSI, C’EST KAKKOI

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Saiyuki © Kazuya MINEKURA / ISSAISHA

Variation très trendy et pop que cette version de « Saiyuki ». Minekura puise son inspiration dans le très célèbre roman chinois « Le voyage vers l’Occident », (Maintenant, dès qu’on me parle de Chine, je pense à Mayaya !), où le voyage d’un moine bouddhiste et de ses trois fidèles compagnons… Dans le roman, ce sont des animaux : le cochon aux huits vœux (Zhu Bajie), le singe de la montagne (Sun Wukong), le bonze des sables, ou conscience de la pureté (Sha Wujing, et moine bouddhiste Xuanzang.

Oui, les humains, c’est plus trendy. J’aurais eu du mal à voir mon Hakkai autrement que dans son enveloppe humaine…

Des espèces de savants fous brisent l’interdit en pratiquant de mystérieuses expériences magico-scientifiques. Leur but : ressusciter Gyumao, le démon taureau. Leur petite magie bouleverse le Togenkyo, paradis terrestre où cohabitent humains et yokai. Ces derniers, contaminés par la mauvaise magie, retrouvent leur instinct bestial et dévorent les humains. La déesse Kanzeon dépêche Sanzo pour empêcher la terrible résurrection… Hakkai, Goku et Gojyo sont embarqués dans l’aventure… ou la torture ?

 

DES GENS COMME NOUS

Il n’y a pas que la trendy attitude, dans la vie. Oui, je sais, le bishi, c’est la vie (n’importe quoi). Mais, tout de même ! Je vais les décrédibiliser, avec ma salive de fujoshi (ah, il me faut arrêter ce double discours infâme !).

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Kogaiji (au centre) et son gang è_é Saiyuki © Kazuya MINEKURA

C’est l’autre atout de ce manga : dans Saiyuki, il n’y a pas les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. Sanzo et ses amis ont commis des actes condamnables. Les gens qu’ils affrontent, eux, cachent aussi leurs fêlures… Les yokai ont des sentiments. Ils ne sont pas si différents des humains.

Kogaiji, le « méchant », est, au fond, un torturé. C’est le fils de Gyumao, mais il ne semble pas vraiment suivre les désirs de ceux qui cherchent à le ressusciter. Kogaiji a des valeurs, il se bat loyalement, sait reconnaître le talent de ses ennemis. Il prend également soin de ses compagnons. On est très loin du méchant idiot, sans saveur.

Et si ce n’étaient que des histoires de famille, tout ça ? Des conflits de gens qui s’aiment et se détestent, de gens enchaînés malgré eux, qui tentent de fuir, de vivre, libre, de s’extraire de cette terre contaminée ? C’est la philosophie de Sanzo : être libre, loin des dogmes insipides.

 

DES GENS PERDUS

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Saiyuki © Kazuya MINEKURA / ISSAISHA

Hélas ! Ils se perdent, tous. Leurs aventures doivent les saouler, peut-être… Car que se passe t-il, au final ? Je lis Saiyuki, je les la suite, les Reload… rien ! Je ne vois rien !

Ces quatre héros en voiture reviennent sur des évènements tragiques de leur passé. Ils se donnent du mal, se battent parfois, se roulent dans la poussière, se jettent dans les chaumières. Ils auraient mieux fait de s’assoir dans une maison en bois, c’est écolo et facile à monter ! Bien assis au fond d’un fauteuil, comme ça. L’album-photo sur les cuisses. Regardez, comme j’étais mignon, à l’époque ! Et là, c’est quand j’étais avec mon maître ! C’est plus tranquille, oui, ce n’est pas l’aventure dans la poussière, c’est le road movie à la sédentaire, et alors ?

On ne se perd pas, là, au moins.

Ce n’est peut-être que mon impression de vile Fujoshi. J’ai un vif sentiment de vide, d’historiettes sans fondement… Ils vont vers l’ouest, et alors ? Le fil conducteur, on le perd, on veut s’y accrocher, on l’aperçoit au loin… c’était un leurre !

Dans les Reload, même punition : ça commence très mal, c’est affreux. Minekura se répète, en fouillant, une nouvelle fois, le passé des héros. Je suis mauvaise : dans les Reload, on voit plus de choses, on entre un peu plus loin dans les cervelles de ces bishi cassés. Mais je croyais avoir fait le tour, moi ! Je ne sais même plus si c’est intéressant !

la pause fan service de la fujoshi

ah oui quand même, y’a de l’intérêt ! Saiyuki © Kazuya MINEKURA

 

L’intérêt revient un peu avec Hazel. Un peu. C’est encore un « méchant mais pas trop » – un bishi, car il faut bien satisfaire la donzelle –  avec un passé lourd. Cette espèce d’évêque vite fait (ils sont tous « vite faits », dans la saga Saiyuki !) met toute sa passion dans sa vindicte contre les yokai… Encore une fois, c’est embrouillé, on lit mal les scènes de combat. C’est une marque saiyukiste ? Je m’en passerais bien. C’est dommage, ça décrédibilise un peu plus le soi-disant côté « baston » du manga. Au final, ils bavardent. Il ne faut pas faire de concurrence à nos amis les Chevaliers du zodiaque !

Las ! Encore une fois, j’insiste, je suis comme ça. L’intrigue principale, ces gens qui veulent ressusciter Gyumao… on finit par ne plus s’en soucier. On s’en fiche ! Les gens droits comme Kogaiji, ils deviennent plats et nuls. Les scientifiques machiavéliques, ils deviennent juste bêtes. Comment s’appelle ce médecin binoclard qui fomente pour le retour de Gyumao ? Je ne sais pas, j’ai oublié. C’est triste !

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Saiyuki © Kazuya MINEKURA

 

IL FAUT EN FINIR

Avant, parlons un peu de la méchante édition signée Panini. Cases assombries par endroits, bulles qui se perdent… Le travail parfois maladroit de l’éditeur rend indigeste le coût des manga (environ 10€ le tome). Rassurons-nous, ce n’est pas le massacre des Host club, heureusement…

Pour revenir sur le prix. J’espère que vous avez terminé votre collection des Reload, car certains tomes sont devenus rares… Je pense surtout au tome 6, qui coûte environ 45€ (Amazon >_< !), 80€ (Fnac) ! J’ai dû me rabattre sur l’édition anglaise (Tokyopop, 16€).

Et la suite ? Car à la fin des Reload, on ne sait toujours pas. L’ouest, c’est vaste, je ne plaisantais pas.

Minekura est toujours active. La mangaka a eu des problèmes de santé il y a quelques années… Chère sensei, j’espère que vous vous portez mieux >_< ! J’aimerais tant la revoir, avec ces héros trendy, avec une histoire vraiment solide, un fil conducteur. Aligner des chroniques aventuro-comiques, c’est bien. Fouiller dans le passé de ses héros aussi. Mais des personnages charismatiques seuls ne font pas l’histoire. Ils doivent avancer. Trouver quelque chose, à l’ouest.

 


Les manga

Gensoumaden Saiyuki ~ 幻想魔伝最遊記 | Kazuya MINEKURA | série finie en 9 tomes

Editeur : Issaisha, 1997 | France : Panini, 2003

Gensoumaden Saiyuki Reload ~幻想魔伝最遊記 Reload | Kazuya MINEKURA | série finie en 10 tomes

Editeur : Issaisha, 2000 | France : Panini, 2007

 

Les anime

Saiyuki | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2000 (Japon) ; 2004 (France)

Saiyuki requiem (film) | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Kaze | Date de sortie : 2001 (Japon) ; 2005 (France)

Saiyuki reload | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2003 (Japon) ; 2007 (France)

Saiyuki gunlock | studios Pierrot

Réalisateur : Tetsuya ENDO | chara design : Noriko OTAKE

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2004 (Japon) ; 2006 (France)

 

Les infos en plus

Blog de l’auteure : http://nitroblog.exblog.jp/ | twitter : https://twitter.com/kaz_minekura

*La mangaka est assez active sur twitter ! Dans son dernier tweet (12 septembre), elle évoque la sortie, en 2016, d’un calendrier « Saiyuki Reload blast » (on pourrait même le commander par correspondance !). On peut aussi voir l’évolution de son trait (plus bas, elle poste d’autres illustrations). Les visages sont moins ronds qu’auparavant, surtout au niveau de la mâchoire. Fight ! Minekura sensei !!

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2 réflexions sur “Saiyuki

  1. Si tu suis le twitter de Minekura tu sais que Saiyuki continue avec « Saiyuki Reload Blast ». Deux tomes ont été publiés au Japon. La prépublication est en cours dans le Zerosum avec un chapitre tous les deux mois, le prochain est prévu dans le Zerosum du 27 février. Ah oui, on a fait la connaissance du dernier Sanzo (c’est une femme) et dernièrement la mission leur a été retirée…. Quoi je spoile ?? Mais non mais non ^_^ De toute façon Panini a lâché l’affaire, d’ailleurs ils viennent d’abandonner la licence Saiyuki…
    Et aussi, le calendrier est juste trop beau ainsi que l’image cadeau. Son trait c’est vraiment amélioré, les gars sont de plus en plus beaux, on se demande où elle va s’arrêter 😉
    Sinon, je voulais te dire que c’est La Rose de Versailles qui m’a amenée sur ton site. J’adore trop ce manga.
    Sinon on se linke si tu veux ?

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    • Ne te moque pas… Oh, et puis si ! Je ne suis pas sur Twitter @_@. Je ne sais pas comment fonctionne ce média révolutionnaire è_é. Je compte cependant m’y mettre ! Et justement, je suis allée sur le Twitter de Minekura sensei : je suis ravie qu’elle poursuive l’aventure ! Saiyuki a un univers riche, propice à moult développements. Quel dommage que Panini ne suive plus la série… (Panini >__<) J'ai essayé de parler de cette histoire magnifique à travers mes modestes articles.

      Merci pour ton commentaire ! Au fait, se linker, c’est sur Twitter, j'imagine ? (la fille qui connaît rien…)

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