Versailles no bara ~ et les Roses et Versailles

la_rose_de_versaillesA l’occasion de sa réedition en Blu-ray en septembre prochain, retour sur Versailles no bara, oeuvre magistrale, qui nous plonge dans le tumulte de la France du XVIIIe siècle…

Manga intemporel, Versailles no Bara fait partie des œuvres fondatrices du shôjo manga. Son auteur, Ryôko IKEDA, a, avec Moto HAGIO, Keiko TAKEMIYA, Minori KIMURA, Yumiko OOSHIMA, Nanae SASAYA, Toshie KIHARA, Ryoko YAMAGISHI, et Norie MASUYAMA révolutionné le shôjo manga. Ce sont elles, les « fleurs de l’an 24 »[1], les pionnières du shôjo. Leur marque : des histoires riches, une liberté totale, tant dans les sujets (science fiction, histoire, fantasy, vie quotidienne…), que dans l’exploration des personnages.

 

 

Chaque jour, vous trouverez un article dépeignant cette époque torturée où les roses tentaient de survivre…

Et les roses et Versailles

S’ils avaient su, peut-être auraient-ils imploré de changer leur condition. Surtout, changer leur condition. 1755 était une année banale. Toutes les années sont banales, lorsqu’elles se vivent au présent. L’histoire ne les a encore marquées d’aucun sceau. Elles ne savent pas, elles ignorent, elles enfantent. En 1755, donc, un jour forcément ordinaire, car ignorant le futur, trois bébés naissent. Une fille, Marie-Antoinette, un garçon, Hans Axel. Le troisième enfant hurle si fort que son père le prénomme Oscar. L’enfant a pourtant les attributs de sa nature. Mais le père a décidé. Elle sera un garçon.

la jeune Marie-Antoinette

la jeune Marie-Antoinette

Les trois enfants vivent conformément à leur rang. Marie-Antoinette, quatrième fille de François Ier de Lorraine, empereur du Saint-Empire romain germanique, et de Marie-Thérèse de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, vit dans la mollesse que permet son luxe. Pour son frère, le futur empereur Joseph II, elle est une : « tête à vent »[2]. C’est que, si l’enfant apprend vite, elle ne persévère pas dans les études. L’Histoire voudra en faire une sotte et aura tort. Marie-Antoinette est d’une extrême finesse. Las ! Enfant des délices, cette belle âme n’a pas hérité de la rigueur et de la sobriété de sa mère. Dans son château, bien loin des agitations du monde, elle ne vit que pour les plaisirs, et entend vivre ainsi pour le reste de ses jours.

Mais sa parenté a une toute autre vision de sa destinée. Il faut impérativement réconcilier la France et l’Autriche. Un mariage scellera l’amitié retrouvée. Le 16 mai 1770, Marie-Antoinette épouse Louis XVI. Le traumatisme de la séparation d’avec les siens, l’émerveillement devant ce peuple qui n’est qu’amour et dévotion envers sa personne – à 14 ans, l’archiduchesse rêve et espère, encore.

Hans Axel Von Fersen est le fils aîné de l’homme le plus influent et le plus riche de Suède, le maréchal Frédérik-Axel Von Fersen. Illustre famille, grandes ambitions. Le jeune garçon se passionne, très tôt, pour les sciences. Les voyages forgeant les âmes, l’Europe sera son école. France, Danemark, Angleterre, Italie… le jeune aristocrate excelle aussi bien dans les sciences (mathématiques, langues, droit…) que dans les arts militaires. Il s’illustrera aux Amériques, lors de la guerre d’Indépendance. Il mettra son savoir au service de la France, deviendra Colonel… Mais pour l’instant, Fersen est un homme des plaisirs. Il est jeune et bien fait. Il s’amuse et festoie. De ces années de jeunesse insouciante, ses notes retracent les fêtes et autres bals dans lesquels l’aristocrate se rendait. C’est, d’ailleurs, dans l’une de ces festivités qu’il rencontrera Marie-Antoinette.

le duel des roses de haut en bas : Oscar, Fersen, Marie-Antoinette, André

le duel des roses
de haut en bas : Oscar, Fersen, Marie-Antoinette, André

Oscar François de Jarjayes a eu le malheur de naître dernière. Rêvant d’un fils, crevant pour cet être qui, enfin, ferait sa fierté, et garantirait la pérennité de son rang, le colonel de Jarjayes ne supporte pas la malédiction qui tourmente les chromosomes familiaux. Car enfin ! il ne peut s’agir que d’une malédiction, car voici, le sixième – énième ! – enfant qui sort du ventre maternel est encore une fille ! Le colonel contredit la génétique, élève Oscar comme un garçon, lui apprend l’art de l’épée. Il lui succédera à la tête de la Garde-Royale. A 14 ans, Oscar devient Capitaine de la Garde-Royale. Son rôle : protéger la jeune Marie-Antoinette.

Dans l’exercice de sa mission, Oscar pourra compter sur son ami fidèle, André Grandier. Fils de domestiques, le garçon a grandi avec la jeune fille. Son absence de rang lui interdit cependant tout statut social. Condamné au silence, il aurait dû stagner dans le désert de sa condition. Son amitié avec Oscar est la première révolution. C’est que, pour elle, André est son ami, son égal. Chose impensable pour l’époque ! Les deux enfants grandissent ensemble, comme des frères. Si Oscar se satisfait pleinement de cette relation, les sentiments d’André sont plus troubles. Il n’ose nommer la sensation qui l’agite. Folie, indécence… Il tente, en vain, de calmer les passions de son cœur.

La suite de la semaine Versailles no bara :

partie 2 | partie 3 | partie 4 | partie 5 (fin)


[1] « Toutes ces mangaka [sont de la même génération], nées aux alentours de 1949 (Showa 24) » Histoire du manga, Karyn POUPEE, 2010, ed Tallandier, p 236

[2] http://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/2959-la-biographie-de-marie-antoinette-1755-1793.html


VERSAILLES NO BARA ~ LA ROSE DE VERSAILLES

MANGA

Titre original : Versailles no Bara | Editeur japonais :  Shûeisha, 1973

Magazine de prépublication : Margaret | Auteur : Ryôko IKEDA

Edition française : Kana (réédition en 2011)

ANIME

Année : 1979 | Diffusion en France : 1986 (Antenne 2, dans « Récré A2 ») | Studio : Tôkyô Movie Shinsha (TMS)

Réalisateur : Osamu DEZAKI | Musique : Kouji MAKAINO

Chara design : la dream team Shingo ARAKI , Akio SUGINO et Michi HIMENO

Editeur français : IDP

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2 réflexions sur “Versailles no bara ~ et les Roses et Versailles

    • J’avais acheté l’intégrale DVD à l’époque. Je me souviens, je m’étais pointée dès l’ouverture du magasin, de peur qu’il n’y ait plus mon cher coffret… Ah, Oscar ! Que ne ferais-je pas pour toi >_< !

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