Le tablier de brocart – chapitre VII

Otsuä, petite intriguante… Te voici devant l’antre de Maître C. Quelles portes s’ouvriont devant toi ?

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Précédémment dans le tablier de brocart ~ chapitre VI

Maître C était un gentilhomme qui dissimulait son visage sous un masque de carnaval. Otsuä se présenta devant son hôtel particulier avec sa joliesse et son brocart – ravi, l’exorciste la laissa exposer son trouble. Il ne s’étonna pas de consulter une sorcière. Elles étaient nombreuses à solliciter sa médecine. Leurs pouvoirs étaient incompatibles avec la vie de l’humain. C’était une douleur abominable que de vivre comme une marchandise avariée. Mieux valait tuer la gangrène et vivre en honnête homme.

– Mais moi, je ne veux pas me séparer de ma magie. Au contraire, je veux l’apprivoiser.

– Pourquoi diable consulter un exorciste, alors ?

– Eh bien… Si vous pouvez détruire la sorcellerie, c’est que vous-même, vous êtes sorcier. Vous pouvez donc m’enseigner !

– La simplicité de votre raisonnement me scandalise. Les démons chassent-ils les démons ? Pourquoi donc répandre le sang de son propre camp ? Je n’ausculte pas les benêts.

– Je vous implore, Maître C ! J’ai un rêve… Je voudrais comprendre ce qu’est l’immortalité.

– Votre sottise empire, noble dame. Heureusement pour vous, je suis, aujourd’hui, assez courtois. Madame désire un enseignement sur l’immortalité ? Eh bien ! C’est déjà être meilleur que l’humain !

– Ah bon ?

– L’humain, par définition, naît pour subir. Les nouveau-nés savent qu’ils seront fort limités, et crient leur impatience d’apprendre l’autonomie. L’humain, c’est l’inachevé. Oh ! Il ne s’en plaint pas. Il vit son ascension avec passion, s’accoutre des toilettes les plus demandées. Il vit et dépense, grandit et s’affermit. Il sait bien qu’un jour, viendra le tombeau. Pourquoi y penser ? Le voici sur le déclin, son âme est encore pleine de rêves, de désirs insatisfaits. Mais il a bien vécu, il peut rendre la vie dans le sourire.

– Bigre ! Quelle invention géniale que l’humain !

– C’est un modèle de résilience. L’immortel, lui, ne souffre d’aucune insatisfaction. Il est heureux pour la vie, et sa vie est infinie. Il relève le pauvre, combat l’injustice, toutes ses œuvres sont bonnes. Il a le temps. Un temps infini. Et ses pouvoirs sont illimités. Le voici qui vole au secours des pays, qui révolutionne la science et la technologie… C’est un éminent qui dépose son savoir sur l’autel public. Et, toujours, il reste élégant.

– Mange t-il ?

– Pardon ?

– Je vous demande s’il mange.

– Bien entendu. L’immortel se délecte des mets les plus délicats, toutes les victuailles de l’univers sont à sa disposition. Et toujours, il reste élégant. L’immortel, c’est la variation ultime de l’humain. Dites-moi, à présent, comment vous entendez l’immortalité.

– Je crains de me compromettre en dévoilant l’étendue de ma pensée. Déjà, Madame m’a rudoyée…Oh ! Mais que dis-je ?

– Madame, c’est vous.

– C’est moi ! Je l’admets.

– Vous êtes une dame.

– Je suis Madame ! Je songeais à mon amie, qui, elle aussi, est une dame… et…

– Votre pensée sur l’immortalité.

– Votre promesse de ne pas vous moquer.

– Maître C n’a qu’une parole. C’est un honnête homme. Madame peut s’épancher.

– Eh bien, je crois qu’être immortel, c’est parcourir l’univers et croquer des assiettes toujours pleines.

– Il n’existe pas plus juste raisonnement !

– Ce n’est donc pas une folie ?

– C’est une évidence !

– Ce n’est pas un plaisir égoïste ?

– C’est une certitude ! S’ils le pouvaient, tous les humains deviendraient immortels. Ce merveilleux don est, fort heureusement, réservé aux seules sorcières.

– Bigre !

– Les humains nous maltraitent. C’est là une juste récompense.

– Vous pensez fort bien.

– Permettez que je vous allège de votre bourse et de vos bijoux. Nous commençons l’enseignement.

– Vous savez comment me rendre immortelle ? Vous allez m’apprendre à discipliner ma magie ?

– Oui, mon enfant, oui… Vous aviez raison : je suis une sorcière. La sorcière la plus puissante de l’univers.


 

Aura t-on droit à un enseignement de type shônen, stupide Fujoshi ?

Oh, ça va pas non ! Un peu de respect, que diable !

C’est que la tournure de cette crotte que tu appelles nouvelle me laisse…

Eh bien, laisse, oui, laisse donc ! La suite mercredi prochain !

 

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