Le tablier de brocart – chapitre VI

Notre Otsuä nationale vient de perdre son duel contre Madame. La jeune fille réfléchit mal ou pas assez – c’est une rêveuse pleine de frustrations, de pulsions… et toujours, elle n’arrive pas à contrôler son pouvoir ! Parviendra t-elle à s’échapper de son enfer, un jour ? Y parviendra t-elle, avant que l’exorciste ne lui ôte son mystérieux don… ?

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Précédemment dans le tablier de brocart ~ chapitre V

Otsuä feignit de partir pour le marché. Lorsqu’elle fut certaine de n’être plus surveillée, elle retourna se réfugier dans sa mansarde. Elle n’avait pas encore correctement arrangé ses pensées – perturbée par la philosophie de Madame, elle mit un temps avant de raisonner confortablement.

La fille se dressa subitement, pensa bien fort au cynisme de la terrifiante aristocrate, se retrouva dans ses appartements, s’épouvanta. Pourquoi était-elle ici ? Si quelqu’un la voyait… Si Madame la surprenait ! Otsuä tenta de se calmer. Ses dons voulaient sûrement lui transmettre quelque message caché… Traînant ses grands yeux dans la pièce, la domestique vit brusquement des masses, des tonnes de tissus. Elle avança prudemment vers l’immense penderie ouverte. Les robes de Madame s’alignaient sur des kilomètres. Admirative et craintive, Otsuä hasarda une main sur un tissu. Grisée par la légèreté du vêtement, elle s’en empara, le revêtit, courut s’admirer dans la psyché, étouffa un cri.

Son corps ne portait plus les stigmates de la torture. Son visage étincelait.

Tremblante, la domestique effleura sa joue, la pinça. Mais elle ne rêvait pas. C’était bien son reflet dans le miroir. C’était bien elle, cette belle jeune fille dans sa robe de brocart. Comment était-ce possible ? Il y a quelques instants encore, elle était pleine de plaies et de boursouflures, dans sa chambrette. Etait-ce son pouvoir qui l’avait soignée ? Etait-ce lui qui l’avait téléportée ici ? L’effroi d’Otsuä se mua en joie brutale. Oh ! L’humain, cette pourriture, il colmate mais ne soigne pas ! La magie, elle, répare pour de bon, perfectionne complètement !

La jeune fille s’admira encore un peu, s’autorisa un rire d’aristocrate, apaisa vite son euphorie. Il fallait déguerpir, de peur d’être découverte ! Mais Otsuä se sentait comme une reine dans sa jolie robe, et ne put s’empêcher de se reluquer une nouvelle fois. Elle trouva son reflet un peu plus fade qu’auparavant, courut fouiller les boîtes à bijoux de Madame, sortit une imposante parure en or. Nouvelle inspection dans la psyché. Cette fois, elle était vraiment reine !

La reine des voleuses, alors. C’est que la fille avait eu la soudaine idée de dérober d’autres bijoux, pour payer ses fameux cours de magie – elle y pensait toujours, à son instruction. C’était une bonne chose que sa magie l’ait guérie, mais, tout de même, ne pas la contrôler était un handicap certain. Voleuse de bijoux… elle aurait dû y penser avant ! Etre pieuse et bonne ne rapporte rien. Tout en méditant sur ces paroles immorales, Otsuä fouillait de nouveau la penderie, cherchant un sac où fourrer son crime. Elle trouva une jolie besace en cuir brun, avec de gros rubis sur sa poche avant – la fille ne se refusait plus rien – y jeta tout l’or qu’elle trouva. Vite, fuyons !

La voleuse voulut se téléporter, pensa bien fort à la rue, la liberté, dehors, quelque part… en vain. Certainement, il fallait un professeur ! Otsuä jura, se résolut à arpenter les murs comme une brigande. Dans sa folie, elle oublia de retirer les vêtements de Madame. Elle n’avait pas même pensé à prendre les siens avec elle : ses guenilles gisaient toujours dans la chambre de l’aristocrate. Tant pis, fuyons ! Heureusement pour elle, personne ne la découvrit. C’est sans encombres qu’elle arriva dans les écuries, devant le fiacre de Madame.

– La belle affaire ! Installons-nous donc !

La reine grimpa dans le fiacre et attendit.

– Fi donc ! Sans cocher, la voiture ne peut avancer !

La voleuse réprima un juron, sortit du fiacre. Elle était mauvaise cavalière et n’imaginait pas grimper sur ces animaux à crinière. Allait-elle devoir marcher, comme une mendiante ? L’une des juments hennit subitement et se mit à parler. Otsuä sursauta, faillit crier. C’est qu’elle comprenait le vocable de l’animal ! « Madame peut remonter dans le fiacre. Elle n’aura qu’à indiquer sa destination… » La servante ouvrit d’énormes yeux étonnés. Oh ! Merveilleuse magie ! Elle rit comme une impératrice, s’imagina bientôt immortelle, débarrassée de l’odieuse Madame et de son espèce de Monsieur.

Otsuä courait chez l’exorciste.

Maître C.


Pourquoi va t-elle chez l’exorciste @_@ ?  Enfin, c’est Otsuä, plus rien ne m’étonne… C’est cool, ça commence à bouger un peu (un peu seulement, OK u_u). Courage Otsuä, tu deviendras certainement une puissante, euh… je ne sais pas ! En tout cas, ça sera bouffe à volonté (c’est ton truc, la bouffe u_u)

A mercredi prochain !

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